Une application sur mesure pour un audit précis du parcours patient

Nous avons construit une application qui suit notre trame d'audit telle qu'elle existe, chronomètre la visite pendant qu'elle se déroule et alerte avant d'exporter un rapport incomplet

Publié le : 7 min read

Le soir, à l’hôtel, notre auditrice ouvrait un document et tentait de se rappeler combien de temps elle avait patienté en salle d’attente. Elle écrivait « environ cinq minutes », parce que c’était honnêtement la meilleure réponse dont elle disposait. Nous vendions un audit du parcours patient, et ses durées sortaient de la mémoire d’une journée entière. Cet article raconte comment nous avons corrigé cela : non pas en changeant notre méthode d’audit, mais en construisant une application qui la suit pas à pas et alerte dès qu’une mesure manque.

La précision fait la valeur de l’audit

Notre trame d’audit existait avant l’application et n’a pas changé depuis : onze rubriques, cinquante questions, posées à l’identique à chaque clinique visitée. Le document tenait la route ; les réponses rédigées après coup, beaucoup moins. Certaines restaient vagues, d’autres se contredisaient d’une page à l’autre : le tableau de synthèse et le détail des rubriques ne donnaient pas la même durée pour la même consultation.

Or la valeur d’un audit repose sur des écarts mesurés : le délai entre la prise de rendez-vous et sa confirmation, le préavis d’un rappel, le temps qui sépare la fin de la consultation de l’envoi du compte rendu. Ce sont ces chiffres qui permettent de dire à une clinique, une fois croisés avec ses volumes, ce que son organisation actuelle lui coûte. Un audit aux chiffres estimés produit une conclusion estimée, et une recommandation qui repose dessus se défend mal.

Nous avons construit l’application autour de l’audit

Nous avons donc construit une application de mesure, avec une règle simple : elle devait se glisser dans notre façon d’auditer, pas la remplacer. Nous avons gardé la même trame, question pour question. Le rapport remis au client est resté le même document. La seule chose qui a changé, c’est le moment où l’information est saisie : pendant la visite, au lieu du soir.

L’écran de capture est donc calqué sur le déroulé réel d’une visite. Six phases se chronomètrent, de la prise de rendez-vous à la sortie, et leurs chronomètres peuvent tourner en même temps, parce que les durées d’un parcours réel se chevauchent. Sept événements s’horodatent d’un seul geste, du rendez-vous pris au compte rendu reçu. Un champ de notes reste visible en permanence, pour dicter en vrac ce qu’on classera plus tard sous la bonne rubrique. Et parce qu’une auditrice travaille debout, le téléphone dans une main, tout se manipule au pouce, et une coupure de réseau ne fait rien perdre : chaque saisie attend sur le téléphone que la connexion revienne. La figure 1 déroule une visite de démonstration et montre ce que l’application enregistre à chaque moment.

Chronologie verticale d'une visite de démonstration, de 09:12 à 15:27 : à gauche huit moments du parcours réel, de la prise de rendez-vous par téléphone à la sortie encore en cours ; à droite, en regard de chacun, ce que l'application enregistre, cinq événements horodatés, trois chronomètres démarrés, une note dictée, et à 15:27 un chronomètre de sortie qui tourne encore avec deux événements toujours en attente
Figure 1. Le parcours vécu à gauche, ce que l’application enregistre au même instant à droite. Cette chronologie déroule une visite de démonstration, redessinée pour l’article, et ne montre aucune clinique auditée.

Onze réponses se remplissent seules, le reste s’écrit comme avant

Onze des cinquante questions du rapport ne se saisissent plus jamais : leur réponse se déduit de ce qui a été chronométré et horodaté. Le délai de confirmation se calcule entre l’horodatage de la prise de rendez-vous et celui de la confirmation, l’attente en salle vient directement de son chronomètre, et les canaux utilisés se résument d’eux-mêmes en « courriel et SMS » quand une clinique envoie sa confirmation par les deux. Ce sont précisément les réponses que la version rédigée le soir laissait vides ou approximatives.

Ces réponses calculées s’affichent en lecture seule, accompagnées de l’explication de leur provenance, et un bouton permet de les corriger à la main : l’auditrice a assisté à la scène, le serveur non, et sa valeur l’emporte toujours sur une valeur calculée. Les trente-neuf autres questions se remplissent comme avant, avec les mêmes mots que sur le document d’origine. Personne n’a eu à réapprendre son métier pour utiliser l’outil.

Une liste de contrôle avant l’export

Pendant la visite, l’application suit la trame comme une liste de contrôle : chaque phase à chronométrer et chaque événement à horodater y a sa case, et ce qui manque encore se voit d’un coup d’œil.

Avant l’export, elle repasse cette liste et alerte : elle énumère les champs qui afficheront « non mesuré » dans le rapport et signale les chronomètres encore en train de tourner, parce que la durée d’une phase qui n’est pas terminée n’existe pas encore. Le mode strict transforme ces alertes en erreurs : tant qu’il en reste une, l’export attend. La figure 2 montre ce contrôle sur la visite de la figure 1, dont le chronomètre de sortie tourne encore. Il a servi dès la première campagne : deux réponses y ont affiché « non mesuré » parce qu’aucun chronomètre n’avait tourné sur les phases concernées, et le rapport l’a dit au lieu d’inventer une durée.

Panneau de contrôle avant export : une jauge indique quarante-huit réponses prêtes sur cinquante, deux cartes d'alerte détaillent celles qui resteront « non mesuré », la durée de sortie parce que son chronomètre tourne encore et le délai du compte rendu parce que sa réception n'est pas horodatée, puis l'interrupteur du mode strict activé et le bouton d'export éteint sous la mention que le mode strict retient l'export tant qu'un chronomètre tourne
Figure 2. Le contrôle avant export sur la visite de démonstration de la figure 1. Cette figure reconstruit le panneau à partir des règles décrites ci-dessus, elle n’est pas une capture de l’application.

Le résultat est un rapport à la fois exhaustif et précis : exhaustif parce que la trame entière est parcourue et que rien ne manque en silence, précis parce que chaque chiffre porte sa provenance, un chronomètre, un horodatage ou la main de l’auditrice. C’est aussi ce qui en fait une référence. Une fois un système déployé, il suffit de refaire la même mesure : la trame n’a pas bougé, et les deux rapports se comparent question par question, avant contre après. C’est l’outil de l’étape « Nous mesurons avant de chiffrer » de notre page méthode.

Votre processus peut recevoir la même mesure

L’audit de cliniques n’est que le premier processus mesuré de cette façon. Le squelette de l’application ne change pas d’un processus à l’autre : la capture qui survit à une coupure, les réponses calculées, la liste de contrôle avant export et le rapport produit par le serveur. Ce qui appartient au processus, ses phases, ses questions et ses règles de calcul, tient dans un fichier de configuration dont chaque version est conservée. Nous livrons donc une application dédiée à chaque processus que nous devons évaluer, qui parle son vocabulaire et produit son rapport, plutôt qu’un outil générique dans lequel il faudrait se reconnaître.

C’est la première étape de notre méthode d’automatisation : mesurer ce qui se passe réellement, refuser d’inventer ce que la mesure ne dit pas, puis automatiser ce qui le mérite. Les durées mesurées sont la matière première dont nous avons besoin pour évaluer un processus avant de le chiffrer.

Si vous auditez régulièrement des sites, des agences ou des points de vente, ou si vous voulez chiffrer une activité interne que personne n’a jamais chronométrée, la prochaine étape ne vous engage à rien. Un échange de 30 minutes, gratuit, suffit généralement à décrire votre processus et l’application qui le mesurerait. La question qui compte est alors ce que la mesure va montrer chez vous. Écrivez-nous en bas de page, ou réservez directement un créneau dans notre agenda.

Questions fréquentes

Où sont stockées les données de l'audit ?

Dans un fichier de base de données posé sur la machine qui fait tourner l’application. Il n’y a aucun service externe, aucun compte à créer et aucune donnée qui sort du réseau local. Une sauvegarde consiste à copier ce fichier, et l’application sait aussi exporter la totalité de son contenu en un document JSON.

Y a-t-il de l'intelligence artificielle dans cette application ?

Non, et c’est délibéré. L’application ne dépend d’aucun modèle de langage et ne réclame aucune clé d’API. Les onze champs calculés sortent d’un moteur déterministe, ce qui permet de montrer d’où vient chaque chiffre.

Que se passe-t-il si l'auditrice oublie de lancer un chronomètre ?

Le rapport affiche « non mesuré » pour cette phase. Avant l’export, l’application liste les champs concernés, et son mode strict refuse de produire un rapport encore incomplet. Les événements restent horodatables pendant 72 heures, avec la possibilité d’indiquer le moment réel plutôt que le moment de la saisie.

Pouvez-vous construire ce type d'application pour notre propre processus ?

Oui, et c’est ce que nous faisons pour chaque processus que nous devons évaluer. Le questionnaire, les phases chronométrées, les événements et les règles de calcul sont décrits dans un fichier de configuration dont chaque version est conservée, pas dans le code du serveur, si bien qu’un parcours de garage, d’agence bancaire ou de service administratif ne demande aucun développement supplémentaire. Un processus qui ne se découpe pas en phases datables reste mesurable lui aussi, parce que nous adaptons alors le moteur de calcul et l’écran de capture à l’algorithme qu’il suit réellement.

Comment vérifiez-vous le gain après déploiement ?

En refaisant la même mesure après le déploiement. L’application conserve la trame qui a servi à la première visite et la ressert à l’identique, si bien que chaque réponse du second rapport se compare directement à la même réponse du premier. Le gain se lit dans la différence entre les deux mesures, question par question.

Prêt à automatiser vos processus ?

Discutons de vos besoins et voyons comment transtorm.ai peut vous aider